Science et foi : sont-elles vraiment en guerre ?
L’une des affirmations les plus bruyantes des sceptiques est que la science a réfuté Dieu. Mais est-ce vraiment le cas ?
La Genèse et l’âge de l’univers
C’est ici que les choses deviennent vraiment intéressantes. Certains lisent la Genèse et disent que l’univers a environ 6 000 ans. D’autres regardent les preuves scientifiques et voient 13,8 milliards d’années. Y a-t-il là une contradiction ?
Pas forcément - et la raison fait intervenir l’une des physiques les plus fascinantes que tu rencontreras jamais.
Les chrétiens ont soutenu plusieurs positions sur l’âge de la création depuis des siècles - bien avant Darwin, bien avant la découverte du Big Bang. Ce débat n’est pas nouveau. Ce qui compte, c’est de comprendre les options et de reconnaître que des chrétiens fidèles, attachés à la Bible, aboutissent à des conclusions différentes - et que ce n’est pas grave. Le salut ne dépend pas de l’âge de l’univers.
Mais d’abord, une observation capitale sur ce que le texte hébreu lui-même dit - et ne dit pas - sur l’âge de l’univers.
Ce que révèle le texte hébreu lui-même
Le mathématicien d’Oxford John Lennox soutient que la Genèse ne dit absolument rien de l’âge de l’univers - et que la réponse se trouvait depuis toujours dans la grammaire hébraïque. Comme il le dit : « La question de l’âge de la terre peut être réglée en deux minutes si l’on connaît un peu de grammaire hébraïque. »
Voici l’argument. La Genèse ne commence pas par « Dieu dit », la formule répétée qui lance chacun des six jours de la création. La Genèse commence par autre chose : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » Ce n’est qu’ensuite, au verset 3, que la suite des jours s’ouvre par « Dieu dit ». Ce sont deux sections de texte distinctes - et elles sont écrites à deux temps du passé hébreux distincts.
Les hébraïsants le reconnaissent depuis longtemps. Les versets d’ouverture (Genèse 1:1-2) emploient une forme du passé. La suite des six jours, à partir du verset 3, passe à une autre forme. Ce n’est pas une petite variation de style. Les deux temps n’impliquent pas la même chose quant au moment où les événements se sont produits les uns par rapport aux autres.
Lennox a consulté le professeur d’hébreu d’Oxford et le professeur d’hébreu de Cambridge. À sa grande surprise, ils ont donné la même réponse. C. John Collins - le principal traducteur de l’hébreu pour l’English Standard Version (ESV) et lui-même scientifique de formation - l’a exprimé avec le plus de précision. Collins a dit à Lennox que la grammaire hébraïque indique que la première affirmation de la Bible se situe « à une période indéterminée avant la seconde période. »
Lis cela attentivement. La création des cieux et de la terre - Genèse 1:1 - a eu lieu à un moment indéterminé, non précisé, avant même que les six jours commencent. Il n’y a aucune datation. Il n’y a aucune affirmation d’âge. Le texte, tout simplement, ne le dit pas.
D’où vient alors le chiffre de « 6 000 ans » ?
Si Genèse 1:1 ne dit rien de l’âge, d’où vient le chiffre, largement cité, d’environ 6 000 ans ? La réponse n’est pas dans Genèse 1 - elle est dans les généalogies. En additionnant les durées de vie et les générations consignées en Genèse 5 et en Genèse 11 - d’Adam aux patriarches jusqu’à Abraham - puis en raccordant le tout à des dates historiques connues, certains érudits ont calculé une date de création d’environ 4000 av. J.-C. La tentative la plus célèbre est celle de l’archevêque James Ussher, en 1650, qui est arrivé à une date précise : le 23 octobre 4004 av. J.-C.
C’est un travail sincère, mené par des gens qui prennent l’Écriture au sérieux. Mais il y a des raisons - bibliques, et pas seulement scientifiques - de manier le résultat avec prudence.
Les généalogies hébraïques ne fonctionnent pas toujours comme nos arbres généalogiques occidentaux modernes. L’expression « X engendra Y » (ou « X fut le père de Y ») ne signifie pas nécessairement une relation directe de père à fils. En hébreu, elle peut vouloir dire « X fut l’ancêtre de Y », en sautant plusieurs générations. La généalogie de Jésus chez Matthieu, par exemple, saute manifestement plusieurs rois connus. Cela n’était pas tenu pour une erreur : c’était une convention courante dans la tenue des archives au Proche-Orient ancien. Si les généalogies de la Genèse sautent ne serait-ce que quelques générations, les calculs se décalent de siècles ou de millénaires. Si elles en sautent beaucoup, le chiffre devient profondément incertain.
Autrement dit, le chiffre de 6 000 ans est une interprétation bâtie sur des hypothèses de complétude - des hypothèses que le texte lui-même ne confirme pas.
De leur côté, les preuves scientifiques - le rayonnement fossile, le décalage vers le rouge des galaxies lointaines, la datation radiométrique des roches et le temps que met la lumière à nous parvenir d’étoiles situées à des milliards d’années-lumière - pointent toutes vers un univers d’environ 13,8 milliards d’années et une terre d’environ 4,5 milliards d’années. Ce ne sont pas des affirmations marginales. Elles sont mesurées, recoupées et acceptées dans pratiquement toutes les branches des sciences physiques.
Rien de tout cela n’oblige à considérer les généalogies comme dépourvues de sens. Elles ont un but théologique essentiel : retracer la lignée du peuple de Dieu depuis la création jusqu’au Christ. Mais s’en servir comme d’un chronomètre de précision, c’est peut-être leur demander ce pour quoi elles n’ont jamais été faites.
L’affirmation centrale de la Bible en Genèse 1 est que Dieu a créé les cieux et la terre. La grammaire hébraïque place cet acte à un moment indéterminé, avant les six jours. Les généalogies n’ont pas été conçues comme une chronologie scientifique. Et le débat sur l’âge - aussi passionnément qu’on le mène - est secondaire par rapport à l’affirmation vertigineuse selon laquelle un Créateur existe et a fait tout cela exprès. Comme le conclut Lennox : « Quoi que vous croyiez au sujet des jours, vous ne pouvez pas en tirer une terre jeune. »
Lennox a longuement écrit sur ce sujet dans son livre Seven Days That Divide the World. Sources : John Lennox, dans une conversation de 2015 avec Ravi Zacharias et un résumé plus court.
Si l’argument de grammaire hébraïque de Lennox te paraît trop savant - ou si tu préfères entendre ce point exposé en chaire par un enseignant de la Bible profondément conservateur, qui explique verset par verset - écoute J. Vernon McGee prêcher son sermon classique « God Created ». McGee a fondé Thru the Bible, l’enseignement radiophonique verset par verset aujourd’hui diffusé en plus de 100 langues. Ce n’est pas un universitaire libéral, et il ne fait pas des hypothèses pour s’accommoder de la science moderne. Il se contente de lire le texte.
Dans ce sermon, il adresse une critique frappante à l’affirmation courante des 6 000 ans :
« Je regrette qu’Ussher ait jamais tenté de dater la Bible. Il a égaré tellement de gens... Les documents bibliques ne vous donnent pas de date. Dieu dit : "Mon enfant, tu ne comprendrais pas." Tout au commencement, il y a des milliards, ou deux milliards d’années, tout là-bas au fond. Voyez-vous, Dieu a l’éternité derrière lui. »
McGee arrive à la même conclusion que Lennox et C. John Collins : la Bible ne précise tout simplement pas l’âge de la terre ni celui de l’univers. Le chiffre familier de 6 000 ans est le calcul d’Ussher, en 1650 - ce n’est pas une affirmation de l’Écriture. Deux types d’enseignants très différents. Le même verdict tiré du texte.
Télécharger le MP3 · J. Vernon McGee, "God Created" · Thru the Bible Radio Network, ttb.org · Cet enregistrement est en anglais.
Dans une conversation récente sur Uncommon Knowledge avec Peter Robinson, le mathématicien d’Oxford John Lennox, le philosophe des sciences Stephen Meyer et le chimiste de l’université Rice James Tour passent en revue trois des développements les plus importants de la science moderne : le Big Bang, l’ajustement fin et l’information contenue dans l’ADN. Lennox raconte un moment qui correspond exactement à cette section : le jour où, dans un congrès de physique, on l’a pris à partie parce qu’il citait Genèse 1:1 :
« J’étais à un congrès de physiciens de très haut niveau. J’ai avancé que "au commencement, Dieu créa" restait pertinent. Un physicien célèbre m’a interrompu : "Écoutez, professeur Lennox, vous n’êtes tout de même pas en train de nous dire que vous croyez que la première phrase de la Genèse a la moindre pertinence pour nous aujourd’hui ?" J’ai répondu : si. »
La conversation complète dure environ une heure et parcourt le Big Bang, l’ajustement fin et l’origine de la vie. Les trois intervenants sont cités dans ce programme.
James Tour, John Lennox et Stephen Meyer en conversation avec Peter Robinson · Uncommon Knowledge, Hoover Institution · Voir sur YouTube · Cette vidéo est en anglais. YouTube propose des sous-titres français via le bouton de sous-titrage.
Cette base étant posée, voici trois façons dont des spécialistes sérieux ont compris le rapport entre la Genèse et les temps profonds :
1. La réponse d’Einstein : le temps dépend d’où tu te trouves
C’est l’option la plus stupéfiante - et elle vient directement de la physique, pas de la théologie.
Le physicien du MIT Gerald Schroeder a remarqué quelque chose de remarquable. La théorie de la relativité d’Einstein - la physique même qui nous donne les satellites GPS et explique les trous noirs - nous dit que le temps n’est pas constant. La vitesse à laquelle le temps s’écoule dépend de ton référentiel. Une horloge à bord d’un vaisseau lancé à grande vitesse bat plus lentement qu’une horloge sur Terre. Ce n’est pas de la théorie : c’est mesuré, confirmé, et utilisé chaque jour dans la technologie.
Applique maintenant cela à la création. Au moment du Big Bang, l’univers était compressé de façon inimaginable : toute l’énergie tassée dans un espace plus petit qu’un atome. Depuis ce référentiel initial, le temps s’écoulait à un rythme radicalement différent du nôtre aujourd’hui, 13,8 milliards d’années plus tard, dans un univers immensément dilaté.
Schroeder a calculé le facteur d’étirement. En partant de l’expansion connue de l’univers et du rayonnement fossile - l’« écho » du Big Bang que les scientifiques détectent encore - il a montré que six jours de 24 heures mesurés depuis le référentiel de la création correspondent à environ 14 milliards d’années mesurées depuis notre référentiel actuel.
Relis cela. Six jours et 14 milliards d’années pourraient décrire les mêmes événements - mesurés depuis des positions différentes dans l’espace-temps. La Genèse et la cosmologie ne se contredisent peut-être pas du tout. Elles racontent peut-être la même histoire avec des horloges différentes.
Schroeder se sert du rayonnement fossile (le fond diffus cosmologique) comme de l’« horloge » de la Genèse. Au commencement de l’univers, ce rayonnement avait une fréquence extrêmement élevée : le temps battait incroyablement vite. À mesure que l’univers s’est dilaté d’un facteur d’environ mille milliards (10¹²), cette fréquence s’est étirée et le temps a ralenti du point de vue cosmique. Cinq jours et demi de la création × mille milliards = environ 15 milliards d’années. Cela correspond à l’estimation de la NASA sur l’âge de l’univers à quelques pour cent près. Les calculs sont d’Einstein. L’interprétation est de Schroeder. Les implications sont extraordinaires.
2. La théorie de l’intervalle : quelque chose s’est passé entre le verset 1 et le verset 2
Une autre position, défendue par de nombreux spécialistes, relève quelque chose d’intéressant dans les deux premiers versets de la Genèse :
Genèse 1:1 - « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »
Genèse 1:2 - « La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme. »
La théorie de l’intervalle propose qu’entre ces deux versets, une période de temps non précisée ait pu s’écouler - potentiellement des milliards d’années. Dieu a créé les cieux et la terre (verset 1), puis, après un intervalle inconnu, il a commencé l’œuvre de mise en forme et de remplissage (à partir du verset 2). Cela permet à l’univers d’être aussi vieux que la science le mesure, tout en gardant les six jours de la Genèse comme une période littérale de mise en ordre créatrice par Dieu.
Cette position était répandue chez les spécialistes évangéliques bien avant Darwin - ce qui veut dire qu’elle n’a pas été inventée pour s’accommoder de l’évolution. C’était une lecture sérieuse du texte hébreu pour lui-même.
3. La thèse jour-époque : « jour » ne veut pas toujours dire 24 heures
Le mot hébreu yom (traduit par « jour ») est employé de plusieurs manières dans l’Ancien Testament - parfois pour une période de 24 heures, parfois pour une durée indéterminée (comme dans « le jour de l’Éternel »). La thèse jour-époque propose que chaque « jour » de la création représente une longue époque. Fait notable, l’ordre de la création en Genèse 1 - la lumière, l’atmosphère, la terre ferme et la végétation, le soleil et les étoiles qui deviennent visibles, les animaux marins et les oiseaux, les animaux terrestres, les humains - reflète dans les grandes lignes l’ordre que décrit la science moderne.
Dieu est éternel. Il existait avant que le temps lui-même commence - en dehors de lui, au-delà de lui, sans y être soumis. Si Dieu existe depuis toujours, alors quoi que veuille dire « avant la création » de son point de vue, il était là. Que l’univers ait 6 000 ans ou 13,8 milliards d’années, c’est un seul instant au regard de l’éternité. La question de l’âge, aussi importante qu’elle paraisse, est un petit chapitre d’une histoire infinie. Ce qui compte le plus, ce n’est pas quand Dieu a créé, mais qu’il a créé, et pourquoi.
Et l’évolution ?
C’est là que la discussion s’échauffe le plus - soyons donc précis sur ce que la science a montré et sur ce qu’elle n’a pas montré.
Il y a en réalité trois questions différentes que l’on met pêle-mêle sous le mot « évolution », et les séparer éclaire tout :
- AL’adaptation à l’intérieur d’une espèce (parfois appelée microévolution). C’est une science directement observée et bien documentée. Les pinsons de Darwin, aux îles Galápagos, ont développé des formes de bec différentes selon la nourriture disponible. Des bactéries développent une résistance aux antibiotiques. Les races de chiens changent énormément par la sélection. Personne - pas même les créationnistes partisans d’une terre jeune - ne conteste cela. Les espèces s’adaptent à leur milieu. C’est observable, reproductible et confirmé.
- BL’évolution à grande échelle, d’une espèce à l’autre (la macroévolution). C’est l’affirmation selon laquelle toute la vie sur terre partage un ancêtre commun - que des organismes unicellulaires ont peu à peu donné des poissons, des reptiles, des mammifères et finalement des humains, uniquement par mutation non dirigée et sélection naturelle. C’est largement enseigné comme une science acquise, mais il existe de sérieuses difficultés scientifiques dont les manuels parlent rarement.
- CL’origine de la vie elle-même (l’abiogenèse). C’est la question de savoir comment la vie est apparue à partir d’une chimie non vivante - comment de la matière inerte est devenue une cellule vivante. C’est une question complètement différente de l’adaptation comme de la macroévolution, et ici le tableau scientifique est bien moins établi. De fait, certains des scientifiques les plus accomplis au monde disent que nous n’avons aucune explication crédible de la façon dont cela a pu se produire par des processus naturels non dirigés.
Les problèmes scientifiques de la macroévolution
Le problème des mouches du vinaigre. Les scientifiques élèvent des mouches du vinaigre (les drosophiles) en laboratoire depuis plus de cent ans - des milliers et des milliers de générations - en provoquant délibérément des mutations pour accélérer le changement. Le résultat ? Elles restent toujours des mouches du vinaigre. Elles peuvent avoir des ailes de forme différente ou des yeux d’une autre couleur, mais elles ne deviennent jamais autre chose qu’une mouche du vinaigre. Si la macroévolution fonctionne comme la théorie l’affirme, ne devrait-on pas voir au moins le début d’une transition après tant de générations ?
Le problème des fossiles. Darwin lui-même reconnaissait que les fossiles étaient la plus grande faiblesse de sa théorie. Il prédisait que l’on finirait par trouver d’innombrables formes de transition graduelles - des séquences pas à pas montrant un type d’animal en devenir lentement un autre. Plus de 160 ans de recherche de fossiles plus tard, ces transitions douces manquent encore largement. On trouve des espèces entièrement formées qui apparaissent soudainement, et non qui se transforment progressivement d’un type en un autre. L’idée que des animaux terrestres soient devenus des baleines, par exemple, repose sur une poignée de fossiles séparés par de grands vides - et non sur la chaîne continue de transitions graduelles qu’exige la théorie de Darwin.
L’explosion cambrienne. Le défi le plus spectaculaire vient sans doute de la période cambrienne, il y a environ 540 millions d’années. Dans une fenêtre géologiquement brève, presque tous les grands plans d’organisation animale apparaissent soudainement dans les fossiles - sans ancêtres clairs avant eux. C’est l’inverse de ce que prédit une évolution graduelle. Les paléontologues l’appellent « le Big Bang biologique ». Stephen Meyer, philosophe des sciences formé à Cambridge, a longuement écrit sur les raisons pour lesquelles l’explosion cambrienne pose un défi profond à la théorie évolutionniste standard - et pour lesquelles l’apparition soudaine d’information biologique oriente vers un dessein intelligent.
Rien de tout cela ne signifie que la macroévolution soit impossible. Mais cela signifie aussi que, tandis que la science dominante s’est accrochée à la théorie de l’évolution de Darwin comme à la seule solution possible, il existe manifestement des problèmes majeurs dans ce récit et cette science n’est pas « acquise ». Peut-être des scientifiques, dans leur volonté d’écarter le dessein intelligent, ont-ils fermé la porte à de nouvelles recherches. L’affirmation populaire - la science serait totalement établie et seuls des croyants en douteraient - ne donne pas le tableau complet. Il existe de vraies raisons scientifiques de se demander si des processus non dirigés peuvent à eux seuls expliquer l’apparition de plans d’organisation, d’organes et de systèmes biologiques entièrement nouveaux.
Un rapprochement intéressant. Souviens-toi de l’argument de la dilatation du temps, plus haut dans cette leçon - l’idée que les « jours » créateurs de Dieu pourraient correspondre à d’immenses durées terrestres. Si ce cadre est juste, on s’attendrait à voir la vie apparaître par poussées distinctes, séparées par de longues périodes, plutôt qu’en une montée douce et graduelle. Or c’est exactement ce que montrent les fossiles : des apparitions soudaines (comme l’explosion cambrienne) séparées par de longues périodes de changement relativement faible. Bien sûr, tout cela reste spéculatif. Mais l’affirmation selon laquelle des bactéries seraient progressivement devenues des poissons, puis des reptiles, puis des humains, l’est tout autant. Les deux sont des interprétations des mêmes données. La question est de savoir laquelle les données soutiennent le mieux.
Ce que les plus grands scientifiques disent de l’origine de la vie
James Tour - professeur à l’université Rice, l’un des dix chimistes les plus cités au monde, avec plus de 600 publications évaluées par des pairs et 120 brevets - a publiquement interpellé la communauté qui travaille sur l’origine de la vie. Son argument n’est pas religieux : il est chimique. Chimiste organicien de synthèse, il fabrique des molécules pour gagner sa vie. Et il le dit sans détour : personne n’a approché de la démonstration de la façon dont les molécules de base du vivant - protéines, ARN, lipides, glucides - auraient pu s’assembler sans être guidées. La chimie ne fonctionne pas.
Tour a fait remarquer que les protéines fonctionnelles se dégradent si vite dans des conditions naturelles qu’elles ne pourraient pas subsister assez longtemps pour bâtir quoi que ce soit ressemblant à une cellule. Il a publié des travaux évalués par des pairs montrant que les barrières thermodynamiques à une apparition spontanée de la vie sont énormes - et que le domaine de l’origine de la vie exagère ses progrès depuis des décennies.
John Lennox, le mathématicien d’Oxford, a avancé un argument voisin : découvrir le mécanisme par lequel une chose fonctionne ne dit pas si elle a été conçue. Un réacteur d’avion fonctionne selon les lois de la physique, mais personne n’en conclut qu’il s’est assemblé tout seul. Trouver des processus naturels à l’œuvre dans la biologie ne prouve pas que ces processus n’ont pas d’Auteur.
Même Francis Collins, qui accepte la théorie de l’évolution plus largement que Tour, a reconnu que l’origine de la vie reste un véritable mystère scientifique. Le biologiste Francis Crick, prix Nobel, a un jour admis que l’origine de la vie « semble pour le moment relever presque du miracle ».
L’adaptation à l’intérieur d’une espèce est une science observée - personne ne la conteste. La macroévolution à grande échelle - l’affirmation que toute la vie descend d’un ancêtre commun par des processus non dirigés - est largement acceptée mais se heurte à de vraies difficultés scientifiques, dont les expériences sur les mouches du vinaigre, les vides dans les fossiles et l’explosion cambrienne. Et l’origine de la vie - comment des substances chimiques non vivantes sont devenues une cellule vivante - reste l’un des plus grands mystères non résolus de la science. Ce n’est pas un argument du « Dieu bouche-trou ». C’est un état des lieux honnête de ce que valent aujourd’hui les preuves.
Mots clés à connaître
Objections courantes
« La science a tout expliqué, il ne reste plus de place pour Dieu. »
La science a expliqué comment beaucoup de choses fonctionnent - mais « comment » et « pourquoi » sont deux questions différentes. La science peut te dire que l’univers a commencé il y a 13,8 milliards d’années, mais elle ne peut pas te dire pourquoi il y a un univers. Elle peut décrire les lois de la physique, mais elle ne peut pas expliquer pourquoi ces lois existent ni pourquoi elles sont mathématiquement élégantes. Expliquer le mécanisme ne supprime pas le besoin d’un Auteur : cela révèle la manière dont l’Auteur travaille. Comme le dit John Lennox : comprendre le fonctionnement d’un réacteur d’avion ne prouve pas que Rolls-Royce n’existe pas.
« La Bible dit que la terre a été créée en six jours. La science dit qu’il a fallu des milliards d’années. Les deux ne peuvent pas avoir raison. »
Les deux pourraient en fait avoir raison - selon l’endroit d’où l’on mesure. Einstein a montré que le temps est relatif : il s’écoule à des rythmes différents selon le référentiel. Gerald Schroeder, physicien du MIT, a montré que six jours mesurés depuis le référentiel cosmique du Big Bang correspondent à environ 14 milliards d’années mesurées depuis notre référentiel actuel. Les deux mesures décrivent les mêmes événements - avec des horloges différentes. Ce n’est pas un arrangement théologique : c’est de la physique pure appliquée à un texte ancien.
« L’évolution prouve que la vie n’a pas besoin d’un Créateur. »
L’évolution décrit comment la vie change une fois qu’elle existe - elle ne dit rien de la façon dont la vie a commencé. Même si chaque détail de la théorie de l’évolution est exact, il reste à expliquer d’où vient la première cellule vivante. C’est la question de l’abiogenèse, et elle reste grande ouverte. Certains des meilleurs chimistes du monde - dont James Tour, à l’université Rice - ont montré que la chimie de l’origine de la vie est bien plus mystérieuse que la plupart des gens ne l’imaginent. Découvrir un mécanisme ne réfute pas un Concepteur : cela révèle peut-être la méthode du Concepteur.
« Seuls les gens sans instruction croient en Dieu. Les vrais scientifiques sont athées. »
C’est tout simplement faux. Francis Collins a dirigé le projet Génome humain - sans doute le projet de recherche biologique le plus important de l’histoire - et c’est un chrétien engagé. John Lennox détient plusieurs diplômes supérieurs de Cambridge et d’Oxford et a débattu avec les athées les plus connus au monde. James Tour est l’un des chimistes les plus cités de la planète. Historiquement, les fondateurs de presque toutes les grandes branches de la science - physique, chimie, astronomie, génétique - étaient croyants. L’idée que la science exige l’athéisme n’est pas un résultat scientifique : c’est un mythe culturel.
- Si tu apprends en cours de sciences que l’univers a 13,8 milliards d’années, cela contredit-il la Genèse - ou les deux pourraient-ils décrire la même réalité depuis des points de vue différents ?
- À ton avis, pourquoi l’idée que « la science réfute Dieu » est-elle si répandue, alors que beaucoup de grands scientifiques ne sont pas d’accord ?
- Quelle est la différence entre expliquer comment une chose fonctionne et expliquer pourquoi elle existe ? Peux-tu trouver un exemple de la vie courante ?
- Si personne ne peut expliquer comment la vie est née de substances chimiques non vivantes, qu’est-ce que cela suggère - et qu’est-ce que cela ne prouve pas ?
- Dieu est éternel : il existait avant le temps lui-même. Que pouvait-il bien faire « avant » de créer notre univers ? La question a-t-elle seulement un sens si Dieu est en dehors du temps ?
Gerald Schroeder, physicien du MIT, a soutenu que la Genèse et la cosmologie moderne peuvent être conciliées grâce à quel principe scientifique ?
Pourquoi l’origine de la vie (l’abiogenèse) est-elle une question différente de l’évolution ?
La science et la foi ne sont pas ennemies - et ne l’ont jamais été. Le Big Bang a confirmé ce que la Genèse a toujours dit : l’univers a eu un commencement. La relativité d’Einstein explique peut-être même comment six jours et des milliards d’années décrivent la même création avec des horloges différentes. Et l’origine de la vie - comment de la matière inerte est devenue une cellule vivante - reste l’un des plus grands mystères non résolus de la science, avec des chimistes de premier plan qui soutiennent qu’une chimie non dirigée ne peut pas l’expliquer. La prochaine fois que quelqu’un te dira que la science a réfuté Dieu, tu pourras lui répondre : les plus grandes découvertes scientifiques du siècle dernier pointent en réalité dans l’autre sens.
La leçon suivante examine l’évolution de beaucoup plus près : l’argument central de Dawkins, l’information codée dans l’ADN, la complexité irréductible, l’explosion cambrienne, et ce que les chrétiens qui sont scientifiques en pensent réellement.
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